CONSOMMER LOCAL: repli identitaire ou stratégie de croissance économique?

Par Diane T.

Petit rappel historique…

Mai 2020, une vidéo déferle la chronique et fait le tour de monde en une poussière de secondes : George Floyd, un afro-américain de 46 ans qui ne cherchait qu’à gagner sa vie, meurt sous le genou d’un policier blanc, Dereck Chauvin. Dans ces images, on l’entend répéter à plusieurs reprises « Je ne peux pas respirer ».

Comme un tourbillon de poussière, le mouvement  “BLACK LIVES MATTERS” refait surface avec une ampleur mondiale, au dessus des attentes  reveillant et interpellant à nouveau les consciences sur la question raciale et d”injustice. La mort de George Floyd et plusieurs autres jeunes noirs tués injustement pendant cette même période, a déclenché ce qu’on pourrait qualifier de repli identitaire chez plusieurs leaders et célébrités noires, qui ont décidé d’utiliser “le système Economique” comme arme contre “l’oppresseur blanc”.

Désormais toutes entités ne favorisant pas la diversité culturelle et raciale serait exposée. Et pour favoriser l’essor économique noir des mouvements et listes de commerces ont été dressés afin que les noirs consomment les produits et services conçus par des noirs.

Queen Bey en a d’ailleurs donné un bel exemple avec sa Black Parade qui met en avant les petits commerces, marques tenus par les noirs à travers le monde.

 

Consommer local « Made in 237»

Les manifestations autour de la mort de George Floyd ont conduit plusieurs africains a boycotté les enseignes étrangères du fait des aspirations racistes dont elles faisaient preuve. Les marques africaines et notamment camerounaises se sont vues de plus en plus valorisées par leurs compatriotes.

« Le MADE IN CAMEROON ne dois pas rester un concept mais une réalité et chacun peut contribuer à son décollage, n’attendons pas toujours que ce soit les autres qui changent notre quotidien , on peut le faire chacun à notre échelle malgré les difficultés » Desiré BAN, Jeune entrepreneur camerounais.

Le Cameroun en effet regorge d’innombrables richesses qui ne demandent qu’à être transformées et mises en exergue. Nous observons de plus en plus de jeunes entrepreneurs camerounais, majoritairement féminins qui ne lésinent pas sur les idées afin de redorer l’image du savoir faire local. Les camerounais veulent consommer de plus en plus local, d’où l’explosion de l’entrepreneuriat au Cameroun ces dernières années.

«Consommer camerounais pour promouvoir l’entrepreneuriat et valoriser l’emploi jeunes» c’est cet appel que lancent les parlementaires camerounais lors de la première édition de la journée du patriotisme économique «Made in Cameroon» en avril dernier. L’univers économique actuel du Cameroun est en pleine croissance et offre une salade de produits et services dans laquelle toutes les couches sociales et secteurs d’activités trouvent leur compte.

Les bons plans « Made in cameroon »

  • Mbiang Oil : avec l’aide son frère, la jeune camerounaise de 24 ans créée en Aout 2018 l’entreprise MBIANG OIL, spécialisée dans la production d’huile d’arachide pressée à froid. « Mbiang » tire son nom du dialecte Yemba : « Biang » qui signifie « arachides » et « M » pour « mevet » qui signifie huile.
  • Kilichi 4.0 : Lizzy Ndjounzeu Makeu, camerounaise résidente en Allemagne est l’auteur du chef d’œuvre « Kilichi4.0 », le kilichi, cette viande sèche épicée originaire du Nord-Cameroun. C’est un produit 100% bio qui respecte les normes sanitaires et environnementales.
  • Bissa’a Cosmetics et Ebony Hair Care : épouse et mère de 2 enfants, Nathalie Edimo Kouoh concrétise sa passion et ouvre en 2013, le salon « Ebony Hair Care » avec le soutien incontesté de son époux. Quelques mois après, sa marque « Bissa’a Cosmetics » pour soins capillaires faits à base de produits naturels locaux voit le jour.
  • Les « créas de Bess » spécialisée dans l’aménagement de la maison, la fabrication de meubles, couverts en bois, décoration, bricolage et ateliers DIY.
  • La marque “Tanty, Reine à grignoter” du camerounais Thierry Nyamen qui fabrique des produits alimentaires depuis 1998 et dont sa bouillie de soja est n°1 des céréales infantiles made in Cameroun.
  • Estou raconte l’Afrique : pour les enfants, la jeune camerounaise Estelle Zanga a conçu des livres qui les amènent à la découverte de l’histoire et de paysages des pays africains au travers des illustrations attrayantes. Le chef d’œuvre s’appelle « Estou, raconte l’Afrique ».
  • Blue Mo’o : situé à Bassa-Douala et spécialisé dans la conception de jouets faits à base de pur bois camerounais.
  • Wari Wari : ce jeu de société crée par deux jeunes camerounaises met en exergue les valeurs familiales, financières et africaines. Un allié idéal pour animer les soirées en famille ou entre amis.
  • Dans l’univers de la mode, les marques se diversifient de la création de maillot de bain avec CYAR CYAR, aux souliers et accessoires par Retro vintage ou Vidal shoes.
  • Les marques de prêt à porter avec des choix pour tous les styles avec Lakelle; Dirin; Orphanie 237, Mr Afropolitan, Omol et bien d’autres
  • Le parfumeur Paule Gaby avec sa farandole de senteurs pour hommes et femmes.
  • Sans oublier les sublimeurs de beauté avec les marques cosmétiques et maquillages comme: Bold make-up; RMB Ibow; lola’s cosmetic; Klara lashes.

Il y’en a tellement à citer qu’on va faire simple; une liste est ouverte ICI pour tous les business made in Cameroun, si nous avons oublié de vous citer; remplissez la fiche et faites vous référencer dans notre liste GRATUITEMENT jusqu’au 31 août. C’est le Cameroun qui gagne…

 

 

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